di Philippe PREVAL
Ivan Messac
Abstractions Sidérales
L’aventure artistique d’Ivan Messac, dont la galerie Idéale ont été présentées une sélection d’oeuvres, a commencé dans le bouillonnement de mai 68. C’est en effet dans le coeur battant du mouvement insurrectionnel, l’université de Nanterre, que ce frère mineur de la Figuration narrative dont Monory, Rancillac, Télémaque, Fromanger et Aroyo sont les figures de proue, a signé son entrée dans la peinture par une fresque monumentale qui a tout du manifeste militant. Ivan Messac, étudiait alors la philosophie à Nanterre, et il côtoyait les groupes communistes de diverses obédiences et les tracts et affiches politiques faisaient partie de son univers visuel…

Sa fresque qui fut presque immédiatement détruite et reconstituée il y a quelques années montrent l’opposition des anciens le dont le passage du temps a fait des conservateurs et la jeunesse bouillonnante d’idées nouvelles.

De cette confrontation qui ne dura que quelques semaines, surgit néanmoins un monde nouveau qui fut le nôtre et à l’agonie duquel nous assistons.
Dans la décennie suivante, Messac fit de nombreux portraits en travaillant sur l’espace de dialogue entre photographie, art de l’affiche et peinture de chevalet. ses travaux ne sont pas éloignés de ceux de Rancillac mais son style est plus épuré. Dans les années suivantes les applats se diffractent en lignes verticales.
Il était naturel que tôt ou tard il alla vers l’abstrait. Il franchit le pas après une longue réflexion sur le futurisme italien, peu connu à l’époque, qu’il put découvrir lors de la grande exposition que le Musée National d’Art Moderne consacra au mouvement en 1973. C’est dans ce vieux musée bâtiment du Palais de Tokyo que Messac se confronta à peinture de Balla, Boccioni, Marinetti, Carà, Séverini ou Russolo. Ce mouvement polymorphe qui publiait un manifeste tous les 3 mois et inventait des techniques picturales à chaque exposition était autant littéraire que plastique. Il était avant tout la célébration d’un nouveau monde technologique, sanctifiant la vitesse et l’industrialisation, par des couleurs vives et audacieuses, des fragmentations de formes, des lignes dynamiques, l’intégration des machines, en premier lieu les voitures comme symboles de la modernité et en se voulant selon la phrase de Rimbaud, « être en avant ».
Après une maturation de presque 10 ans, Messac livra de grandes toiles, construites sur des jeux de matières et de grands aplats qui ne cachent pas leur inspiration futuriste mais ne sont pas sans rappeler également les grands papiers collés de Juan Gris où celui-ci a recours à des papiers peints et des matières colorées étrangères à ses collègues Braque et Picasso.
Cette exposition consacrée à cette période révèle un peintre fascinant et une époque où la peinture était partie intégrante de l’évolution de la société.
Comme le dit, Marjolaine Lévy, commissaire de l’exposition:
« En ce début des années 1980, l’époque semblait affectée d’une manière de suspens temporel, en proie au « présentisme » postmoderne, dont il convenait de jouir autant que possible, Messac, au contraire, se tourne vers une reprise de conscience du temps et de l’histoire moderniste. Au cœur d’une décennie dominée par la stase temporelle et le retour de la figuration, Messac affirme une position singulière, inscrivant son œuvre dans un contre-temps aussi audacieux que fécond».
Philippe PREVAL Paris Février 2025
Versione italiana
Il percorso artistico di Ivan Messac, le cui opere sono state presentate in una selezione alla Galerie Idéale, ha avuto inizio nel fermento del Maggio ’68. Fu infatti nel cuore pulsante del movimento insurrezionale, l’Università di Nanterre, che questo fratello minore della Figurazione Narrativa – i cui principali esponenti includevano Monory, Rancillac, Télémaque, Fromanger e Aroyo – segnò il suo ingresso nella pittura con un affresco monumentale che aveva tutti i tratti distintivi di un manifesto militante. All’epoca, Ivan Messac studiava filosofia a Nanterre e frequentava gruppi comunisti di vario orientamento; volantini e manifesti politici facevano parte del suo universo visivo. Il suo affresco, distrutto quasi subito e ricostruito qualche anno fa, raffigura l’opposizione tra la vecchia generazione, trasformata dal tempo in conservatrice, e la gioventù, ricca di nuove idee. Da questo confronto, durato solo poche settimane, emerse tuttavia un mondo nuovo, che divenne il nostro, e di cui ora siamo testimoni. Nel decennio successivo, Messac realizzò numerosi ritratti, esplorando l’interazione tra fotografia, cartellonistica e pittura da cavalletto. La sua opera non si discosta molto da quella di Rancillac, ma il suo stile è più raffinato. Negli anni successivi, piani di colore piatti si rifraggono in linee verticali. Era inevitabile che alla fine si sarebbe avvicinato all’astrazione. Compì questo passo dopo un lungo periodo di riflessione sul Futurismo italiano, all’epoca poco conosciuto, che scoprì durante la grande mostra che il Musée National d’Art Moderne dedicò al movimento nel 1973. Fu in questo antico edificio museale, oggi Palais de Tokyo, che Messac incontrò i dipinti di Balla, Boccioni, Marinetti, Carrà, Severini e Russolo. Questo movimento poliedrico, che pubblicava un manifesto ogni tre mesi e inventava nuove tecniche pittoriche a ogni mostra, era tanto letterario quanto artistico. Fu soprattutto una celebrazione di un nuovo mondo tecnologico, che santificava la velocità e l’industrializzazione attraverso colori audaci e vibranti, forme frammentate, linee dinamiche e l’integrazione delle macchine – principalmente automobili – come simboli di modernità, aspirando, per usare le parole di Rimbaud, a “essere all’avanguardia”. Dopo quasi dieci anni di sviluppo, Messac realizzò grandi tele, costruite con giochi di texture e ampie campiture di colore che rivelano chiaramente la loro ispirazione futurista, ma ricordano anche i grandi collage di Juan Gris, che utilizzava carte da parati e materiali colorati estranei ai suoi colleghi Braque e Picasso. Questa mostra è dedicata a questo periodo, rivelando un pittore coinvolgente e un’epoca in cui la pittura era parte integrante dell’evoluzione sociale. Come afferma Marjolaine Lévy, curatrice della mostra, “All’inizio degli anni Ottanta, l’epoca sembrava attraversata da una sorta di sospensione temporale, preda di un ‘presentismo’ postmoderno, di cui si doveva godere il più possibile. Messac, al contrario, si orientò verso una rinnovata consapevolezza del tempo e della storia modernista. Nel cuore di un decennio dominato dalla stasi temporale e dal ritorno della figurazione, Messac affermò una posizione singolare, inscrivendo la sua opera in un contesto controtemporale tanto audace quanto fecondo”.
Galerie Idéale
11 rue d’Athènes, 75009, Paris.
https://www.galerie-ideale.com/


