La figure et l’œuvre de G.B. Marino à travers des documents et des témoignages d’archives dans l’exposition à la Biblioteca Mazarino (Paris, jusqu’au 17 février). Texte original en français avec résumé en italien.

di Philippe PREVAL

Marino a Parigi

C’est sans doute l’un des plus beaux endroits de Paris, l’un des moins connus, l’un des plus calmes, l’un des plus agréables. La salle de lecture de la bibliothèque Mazarine, avec ses bustes antiques, ses colonnes cannelées qui soutiennent la galerie haute, ses tables de chêne aux sous-mains de cuir blond, ses deux lustres de Caffieri, offre aux érudits, aux enseignants, aux étudiants, aux amateurs, un environnement de travail et de réflexion exceptionnel qui a très peu varié depuis trois siècles et demi.

Figure 1: : Bibliothèque Mazarine, l’entrée

C’est dans ce lieu privilégié que se déploie l’exposition « Marino. Un poète italien à la cour de France » qui célèbre le quatrième centenaire de la mort du grand poète, après celle qui s’est déroulée en début d’année à la Villa Borghèse.

Figure 2: Bibliothèque Mazarine, l’exposition dans salle de lecture

Paris se devait de rendre hommage après Rome à Giambatista Marino, qu’on nomme le plus souvent le Cavalier Marin, car il y résida pendant huit ans, ce qui fut sans doute la plus longue résidence « tranquille » de sa carrière. Et il n’y avait de lieu plus indiqué pour le faire que la première bibliothèque publique française créée par le cardinal Mazarin qui possédait l’essentiel des ouvrages du poètes.

C’est une exposition de bibliothécaire installée dans une bibliothèque, une exposition « bas-carbone » où tous les objets présentés, essentiellement des livres, viennent de la Mazarine elle-même, rejoints par quelques prêts de bibliothèques parisiennes et françaises. Quelques gravures et un dessin prêté par les Beaux-arts, qui sont à deux cents mètres, complètent l’ensemble. Ce type d’exposition faites d’érudition, de recherche patiente, de réflexion profonde, plutôt que d’œuvres spectaculaires venues du bout du monde avec leur conservateur, leur police d’assurance, leur vitrine de protection, leur décorum coûteux, est appelé à se développer. Le visiteur déambule en silence de livres en livres, de cartons en cartons. On y échange peu de paroles pour ne pas déranger les lecteurs.

C’est une exposition de savants où le visiteur est concentré sur son cheminement intérieur. En une heure il parcourt toute la carrière de Marino, ses débuts à Naples où il devient secrétaire du Prince de Conca et rencontre le Tasse, son arrivée à Rome au service de Pietro Aldobrandini, cardinal-neveu de Clément VIII, son séjour à Ravenne où il suit celui-ci, son passage dans divers villes italiennes, son long séjour à Turin, ses démêlés avec Gaspare Murtola, poète en place qui vaut à l’un puis à l’autre, un séjour dans les geôles du duc, et enfin son départ pour Paris en passant par Lyon, et pour finir, son retour manqué en Italie. Ses œuvres apparaissent au fil du parcours. Ce sont pour l’essentiel des éditions modestes, des in octavo, des « livres de poche », que les amateurs de poésie pouvaient emporter avec eux partout.

Toute l’œuvre est rassemblée, en particulier un exemplaire des Rime amorose, publiées à Venise en 1604, la Lira,  publiée à Turin en 1614, les Dicerie sacre également à Turin la même année, puis les éditions parisiennes de la Sampogna et de la Galeria en 1620 … Cette procession de livres rarissimes, bien documentés par un catalogue remarquable, culmine avec la somptueuse édition de l’Adone de 1623, magnifique folio dédié à Louis XIII dont l’exemplaire personnel, relié aux armes de France a fait le déplacement depuis la bibliothèque nationale qui fut à l’origine … le palais du cardinal Mazarin.

Figure 3: Marino, Rime, Venise 1604.

Au fil des ouvrages défilent, en miroir, les épisodes de la vie picaresque de Marino. Il fréquente alternativement les geôles et les palais. Il connait les prisons de Naples deux fois, la première fois pour une affaire de mœurs, la seconde pour avoir falsifié des documents au profit de son ami Giovan Marino d’Alessandro, condamné à mort pour homicide, affaire beaucoup plus sérieuse dont le tirera également Don Matteo di Capua, Prince de Conca, grand Amiral de Naples, dont il est le secrétaire. Il fallait bien l’aide d’un prince pour éviter la hache du bourreau, ce qui fut le destin de son camarade d’infortune. Quand il n’est pas en prison, le poète est au service du prince. Un petit texte de Pellegrino Camillo, Del concetto poetico, publié en 1598, en fait le personnage d’un dialogue philosophique sur l’importance du concept dans la poésie.

Un philosophe, un poète et un rhéteur débattent de ce qui sera appelé plus tard le « conceptisme » devant le prince, qui prend part au dialogue. C’est un texte instructif à bien des égards, on y comprend que Marino qui n’a encore rien publié est déjà un poète reconnu dont les textes circulent sous forme de copie manuscrite, on comprend aussi qu’il n’est rien d’autre qu’un domestique. C’est la vie d’un poète de ce temps : séduire un prince et le distraire. Pour le distraire on le flatte, on écrit des vers de circonstances, par exemples des épithalames pour les mariages princiers.

Figure 4: un bel exercice de flagornerie à l’adresse de Charles Emmanuel de Savoie, Turin, 1614.

Dix ans plus tard, dans le cadre de ses démêlés avec son concurrent Gaspare Murtola, Marino fait la connaissance de la prison du Senato de Turin. Murtola  bénéficie d’un séjour en prison pour tentative d’assassinat perpétrée contre Marino puis ce dernier le remplace pour avoir tenu des propos et écrit des vers « scherzato poco modestamente » aux dépens de son maître. Plaisanter sans modestie, voilà qui est fort inconvenant pour la domesticité. Il reste enfermé plus d’une année, puis sort, se tient tranquille mais une autre affaire judiciaire se présente, bien plus grave. La papauté et sa sombre inquisition s’intéressent à ses vers qui sont souvent licencieux.

Figure 5: la Lira, Venise, 1613, Bibliothèque Mazarine, Paris.

C’est ainsi qu’il se laisse séduire par les charmes de la royauté française qui le courtise depuis 1609 et qui présente l’avantage de ne pas accorder beaucoup d’intérêt aux élucubrations vaticanes. Il prend soin de faire précéder sa venue d’un panégyrique qui est une véritable offre de service.

Figure 6: il Tempio, panégyrique pour la reine de France, Venise, 1615, Bibliothèque Mazarine, Paris.

Il arrive en France en passant par Lyon, suivant de quinze ans le cortège triomphal de Marie de Médicis qui y avait été reçue en impératrice. Elle est alors régente de France, délégant une bonne part de son pouvoir à Concino Concini, fait marquis d’Ancre et maréchal de France. La cour de France est « italienne ». Concini, est le protecteur de Marino. Il lui dédie l’édition de ses épithalames.

Figure 7: Epithalames, Paris, 1616, Bibliothèque Mazarine, Paris.

Mais en 1617, le favori de la reine est assassiné sur ordre du jeune roi, et coupé en plusieurs morceaux par le peuple parisien. Plusieurs gravures rappellent cet épisode tragique qui n’est pas sans évoquer la fin des frères de Witt à La Haye ou celle des Gracques.

Figure 8: Assassinat du maréchal d’Ancre, gravure allemande 1617, Petit Palais, Paris

Son protecteur équarri aux quatre coins de la capitale,  le roi entrant en conflit avec sa mère, Marino se trouve en difficulté pendant quelques temps, mais se rétablit rapidement et spectaculairement. Son séjour français est une période de production intense pendant laquelle il publie en France de nombreux textes bénéficiant même d’une véritable école de l’édition en langue italienne en France.

Figure 9: La sampogna, Paris, 1620, Bibliothèque Mazarine, Paris.

Poète officiel de la cour, Marino est un personnage de premier plan à Paris, il rassemble des collections, entretien une correspondance importante, fréquente des membres du salon de la marquise de Rambouillet -sans qu’il y ait de preuve qu’il y soit allé en personne. Il collectionne les livres, dont deux sont présents dans l’exposition, les gravures dont il fait des portefeuilles, en particulier celles de Tempesta et de Bernardo Castello mais aussi de Raimondi et des dessins dont l’un est présenté dans l’exposition. Il y découvre même un jeune peintre inconnu : Nicolas Poussin. Les quelques mois que le normand passe auprès de l’italien, et la métamorphose qui s’y opère sont le plus grand don que le poète ait fait à son pays d’adoption.

Figure 10: Cavalier d’Arpin, Galatée, Ecole des Beaux-arts, Paris

Au cours de ses années parisiennes, il mène à son terme le projet de l’Adone. Comme le relate l’exposition, celui-ci a muri pendant plus de deux décennies. Il s’est amplifié au fil du temps. D’abord restreints aux amours de Vénus et Adonis et composé de trois chants, la séduction, l’amour, la mort, il est passé à quatre, puis à six pour aller jusqu’à 24, sans doute pour égaler l’Illiade, pour finalement se « restreindre » à 20 chants et 40 000 vers, rassemblés en octaves, qui est l’exact format de la Jérusalem délivrée (La Gerusalemme liberata) du Tasse. La publication de l’Adone, sa dédicace au roi Louis XIII, la préface en français de Chapelain, le panégyrique de la monarchie française au premier chant, sont les cadeaux d’adieux du poète à la France.

Marino repart en Italie, il pense y trouver la gloire qu’il mérite, il y retrouve l’inquisition qui a bien avancé dans l’étude de son cas. Pour éviter un procès dangereux, il devra quitter Rome quelques mois après son arrivée pour gagner Naples, sa ville natale, où il sera accueilli en héros mais mourra peu après de maladie et de fatigue, le 26 mars 1625. Deux ans plus tard l’Adone et l’essentiel de ses textes jugés « lascifs » seront mis à l’index et, aux dire des libertins français de passage à Rome, seront impossibles à trouver. Marino pour diverses raisons disparaîtra de la culture poétique ce qui est une immense injustice.

Sa réhabilitation a commencé en Italie après la guerre et aujourd’hui son œuvre est accessible. Mais il est impossible à ce jour de le lire en français, et son italien riche et « baroque » est souvent assez difficile. Il y quelques années Marie-France Tristan, avait publié une traduction remarquable des cinq premiers chants de l’Adone, avec une préface de Marc Fumaroli qui avait une idée très claire de l’importance de Marino dans la culture européenne. La mort de la traductrice a arrêté ce projet. Plaise à Dieu qu’une nouvelle génération d’italianistes le mène à son terme et qu’il soit possible ensuite d’accéder à ses sonnets, ses épithalames qui sont bien souvent remarquables.

Philipper PREVAL, Paris, 21  Décembre 2025

Versione Italiana

È senza dubbio uno dei luoghi più belli di Parigi, uno dei meno conosciuti, uno dei più tranquilli, uno dei più piacevoli. La sala di lettura della Bibliothèque Mazarine, con i suoi busti antichi, le colonne scanalate che sostengono la galleria superiore, i tavoli in quercia con i sottomano in pelle chiara, i due lampadari Caffieri, offre a studiosi, insegnanti, studenti e appassionati un ambiente eccezionale per il lavoro e la riflessione, rimasto pressoché invariato negli ultimi tre secoli e mezzo.
È in questo luogo privilegiato che si sviluppa la mostra “Marino. Un poeta italiano alla corte di Francia”, che celebra il quarto centenario della morte del grande poeta, dopo quella tenutasi all’inizio di quest’anno a Villa Borghese, mirabilmente curata dalla Direttrice Francesca Cappelletti.
Parigi, dopo Roma, non poteva non rendere omaggio a Giambattista Marino, più comunemente noto come il Cavalier Marino, che vi risiedette per otto anni, senza dubbio il periodo di residenza “pacifica” più lungo della sua carriera. E non c’era luogo più adatto per farlo della prima biblioteca pubblica francese, fondata dal cardinale Mazzarino, che custodiva la maggior parte delle opere del poeta. Si tratta di una mostra bibliotecaria, allestita all’interno di una biblioteca, in cui tutti gli oggetti esposti, principalmente libri, provengono dalla stessa Biblioteca Mazzarino, integrati da alcuni prestiti da biblioteche parigine e francesi. Alcune incisioni e un disegno, in prestito dall’École des Beaux-Arts, completano la collezione. Questo tipo di mostra, basata su erudizione, ricerca paziente e profonda riflessione, piuttosto che su opere spettacolari è destinata a crescere. I visitatori vagano in silenzio da un libro all’altro, da una scatola all’altra. Poche parole vengono scambiate per non disturbare i lettori. È una mostra per studiosi, in cui il visitatore è concentrato sul proprio viaggio interiore. In un’ora, ripercorre l’intera carriera di Marino: gli esordi a Napoli, dove divenne segretario del Principe di Conca e incontrò Tasso; l’arrivo a Roma al servizio di Pietro Aldobrandini, ‘cardinal nipote’ di Clemente VIII; il periodo a Ravenna, dove seguì il cardinale; i viaggi in diverse città italiane; il lungo soggiorno a Torino; gli scontri con Gaspare Murtola, un poeta di spicco, che portarono entrambi nelle prigioni del Duca; e infine, la partenza per Parigi via Lione e, infine, il ritorno in Italia. Le sue opere compaiono in tutto il racconto. Si tratta principalmente di edizioni non certo eclatanti, volumi in ottavo, “libri tascabili”, che gli amanti della poesia potevano portare con sé ovunque. È riunita l’intera collezione, in particolare un esemplare delle Rime amorose, pubblicato a Venezia nel 1604, la Lira, pubblicata a Torino nel 1614, le Dicerie sacre, sempre a Torino nello stesso anno, poi le edizioni parigine della Sampogna e della Galeria del 1620…
Questa serie di libri estremamente rari, ben documentata da un catalogo notevole, culmina con la sontuosa edizione dell’Adone del 1623, un magnifico volume in-folio dedicato a Luigi XIII, il cui esemplare personale, rilegato con le armi di Francia, è stato trasferito dalla biblioteca nazionale che in origine era … il palazzo del cardinale Mazzarino.
Nel corso dell’opera, gli episodi della vita picaresca di Marino si svolgono in modo speculare. Alterna prigioni e palazzi. Viene imprigionato a Napoli due volte: la prima per un reato contro la morale, la seconda per aver falsificato documenti per l’amico Giovan Marino d’Alessandro, condannato a morte per omicidio – un reato ben più grave dal quale viene anche scagionato da Don Matteo di Capua, Principe di Conca, Grand’Ammiraglio di Napoli, di cui è segretario. Ci volle l’aiuto di un principe per evitare la scure del boia, che fu il destino del suo sfortunato compagno. Quando non è in prigione, il poeta è al servizio del principe.
Un breve testo di Pellegrino Camillo, *Del concetto poetico*, pubblicato nel 1598, lo vede come personaggio centrale di un dialogo filosofico sull’importanza del concetto in poesia. Un filosofo, un poeta e un retore dibattono su quello che in seguito sarebbe stato chiamato “concettismo” davanti al principe, che partecipa al dialogo. È un testo istruttivo sotto molti aspetti; comprendiamo che Marino, che non ha ancora pubblicato nulla, è già un poeta riconosciuto le cui opere circolano in forma manoscritta; comprendiamo anche che non è altro che un servitore. Questa è la vita di un poeta di quel tempo: ammaliare un principe e intrattenerlo. Per intrattenerlo, lo adulano, scrivono versi occasionali, ad esempio epitalamie per le nozze principesche.
Dieci anni dopo, durante la sua disputa con il rivale Gaspare Murtola, Marino si ritrovò imprigionato nel Senato di Torino. Murtola fu inizialmente incarcerato per aver tentato di assassinare Marino, e Marino fu successivamente imprigionato per aver fatto commenti e scritto versi “in modo piuttosto immodesto” a spese del suo padrone. Scherzare senza modestia era considerato altamente inappropriato per un servitore. Rimase in prigione per oltre un anno, poi fu rilasciato e mantenne un basso profilo, ma sorse un altro caso legale, ben più grave. Il papato e la sua famigerata Inquisizione si erano interessati ai suoi versi spesso licenziosi.
Si lasciò quindi sedurre dal fascino della famiglia reale francese, che lo corteggiava dal 1609 e che aveva il vantaggio di non prestare molta attenzione alle dichiarazioni della Curia papale. Si preoccupò di far precedere il suo arrivo da un panegirico, che era una vera e propria offerta di servigio.
Arrivò in Francia via Lione, quindici anni dopo il corteo trionfale di Maria de’ Medici, che vi era stata accolta come imperatrice. Ella era allora reggente di Francia, delegando buona parte del suo potere a Concino Concini, che fu nominato Marchese d’Ancre e Maresciallo di Francia. La corte francese era “italiana”. Concini era il mecenate di Marino. Gli dedicò l’edizione della sua epitalamia.
Ma nel 1617, il favorito della regina fu assassinato per ordine del giovane re e fatto a pezzi dal popolo parigino. Diverse incisioni commemorano questo tragico episodio, che evoca inevitabilmente la fine dei fratelli de Witt all’Aia o quella dei Gracchi.
A seguiito di questi fatti e con il re in disaccordo con la madre, Marino si trovò per un certo periodo in difficoltà, ma si riprese rapidamente e in modo spettacolare. Il suo soggiorno in Francia fu un periodo di intensa produttività durante il quale pubblicò numerosi testi, beneficiando anche di una vera e propria scuola di editoria in lingua italiana.
In qualità di poeta ufficiale di corte, Marino fu una figura di spicco a Parigi. Accumulò collezioni, intrattenne una fitta corrispondenza e frequentò i membri del salotto della marchesa di Rambouillet, sebbene non vi siano prove che vi abbia mai partecipato di persona. Collezionò libri, due dei quali sono esposti in mostra, incisioni, che raccolse in cartelle, in particolare quelle di Tempesta e Bernardo Castello, ma anche di Raimondi, e disegni, uno dei quali è esposto. Lì scoprì persino un giovane pittore allora sconosciuto: Nicolas Poussin. I pochi mesi che il pittore normanno trascorse con l’artista italiano e la trasformazione che vi avvenne furono il più grande dono che il poeta abbia mai fatto alla sua patria adottiva.
Durante i suoi anni a Parigi, portò a termine il progetto dell’Adone. Come racconta la mostra, maturò nell’arco di oltre due decenni. Inizialmente limitato alla storia d’amore tra Venere e Adone e composto da tre canti – seduzione, amore e morte – si espanse a quattro, poi a sei, fino a raggiungere i 24, senza dubbio in grado di rivaleggiare con l‘Iliade, prima di essere infine “ridotto” a 20 canti e 40.000 versi, disposti in ottave, esattamente come la Gerusalemme liberata del Tasso. La pubblicazione dell’Adone, la sua dedica a Re Luigi XIII, la prefazione in francese di Chapelain e il panegirico alla monarchia francese nel primo canto, furono i doni d’addio del poeta alla Francia.
Marino tornò in Italia, sperando di trovare la gloria che meritava, ma si trovò invece di fronte all’Inquisizione, che aveva compiuto progressi significativi nelle indagini sul suo caso. Per evitare un processo potenzialmente pericoloso, dovette lasciare Roma pochi mesi dopo il suo arrivo e tornare a Napoli, sua città natale, dove fu accolto come un eroe, ma morì poco dopo per malattia e sfinimento, il 26 marzo 1625. Due anni dopo, il suo Adone e la maggior parte delle sue altre opere, considerate “lascive”, furono inserite nell’Indice dei libri proibiti e, secondo i libertini francesi di passaggio a Roma, divennero introvabili. Per vari motivi, Marino scomparve dal panorama poetico, e infatti la sua riabilitazione iniziò in Italia molti anni dopo, dopo la guerra e oggi la sua opera è accessibile. Tuttavia, rimane impossibile leggerlo in francese, dato che il suo italiano ricco e “barocco” è spesso piuttosto impegnativo. Qualche anno fa, Marie-France Tristan pubblicò una straordinaria traduzione dei primi cinque canti dell’Adone, con una prefazione di Marc Fumaroli, che rilevava una chiara comprensione dell’importanza di Marino nella cultura europea. La morte del traduttore pose fine a questo progetto. Voglia Dio che una nuova generazione di italianisti la porti a compimento e che allora sia possibile accedere ai suoi sonetti e alle sue epitalami, spesso davvero notevoli.